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Reflux gastrique, inconfort digestif : Hyper ou Hypochlorhydrie ? Le grand malentendu de l’acidité gastrique

Lorsque des brûlures d’estomac ou un reflux gastrique (RGO) apparaissent, le coupable semble tout désigné : un excès d’acide. Nous imaginons alors notre estomac comme une chaudière bouillonnante qu’il faut à tout prix calmer avec des antiacides ou des médicaments inhibiteurs de pompe à protons (IPP). Pourtant, cette idée reçue est souvent une erreur de diagnostic. Contrairement à la croyance populaire, dans près de deux tiers des cas, ces symptômes sont en réalité causés par un manque d’acide, une condition appelée hypochlorhydrie.

L’hypochlorhydrie : quand le problème vient d’un manque

L’estomac est conçu pour être un milieu extrêmement acide. Cette acidité, principalement due à l’acide chlorhydrique, est essentielle à plusieurs titres :

  • Digestion des protéines : Elle active la pepsine, l’enzyme qui dégrade les protéines.
  • Absorption des minéraux : Elle permet l’assimilation du calcium, du magnésium, du fer, du zinc et du sélénium.
  • Production du facteur intrinsèque, qui protège et permet une bonne absorption de la vitamine B12.
  • Barrière immunitaire : elle stérilise les aliments en tuant bactéries, virus et parasites ingérés.
  • Équilibre le ph intestinal, évitant un déséquilibre du microbiote intestinal (SIBO par exemple)

Le mécanisme paradoxal du reflux par hypochlorhydrie :

Lorsque l’acidité est insuffisante, la digestion est ralentie et laborieuse, le cardia (sphincter inférieur de l’œsophage) ne se ferme que partiellement. Les aliments stagnent donc plus longtemps dans l’estomac, fermentent et produisent des gaz (ballonnements après les repas). Cette pression intra-gastrique augmente et finit par exercer une force vers le haut.

C’est cette ouverture mécanique, due à la pression des gaz et non à un excès de liquide, qui laisse remonter le contenu stomacal dans l’œsophage. Même si l’acidité est faible, le liquide est toujours bien plus acide que la paroi sensible de l’œsophage, ce qui provoque la sensation de brûlure. Prendre un antiacide peut soulager à court terme en neutralisant le liquide qui remonte, mais il aggrave le problème de fond en diminuant encore davantage l’acidité nécessaire à une digestion saine.

L’hyperchlorhydrie : l’excès d’acide, plus rare qu’on ne le pense

L’hyperchlorhydrie, un excès réel d’acide chlorhydrique, existe bien sûr. Elle se caractérise souvent par des douleurs gastriques vives, une sensation de faim douloureuse et des brûlures qui s’améliorent en mangeant. Cependant, elle est bien moins fréquente que l’hypochlorhydrie. Elle est souvent liée à la prise de certains médicaments, à une infection à Helicobacter pylori (dans sa phase initiale), à une surproduction gastrique isolée ou à certaine maladie.

Les causes de l’hyochlorhydrie et du RGO

  • Défaut du cardia (sphincter inférieur de l’œsophage) : mauvaise fermeture facilitant le reflux.
  • Vieillissement : baisse naturelle de la sécrétion d’HCl.
  • Médicaments (IPP, antiacides) : inhibition prolongée de la sécrétion d’acide.
  • Infections chroniques (ex. Helicobacter pylori).
  • Alimentation :
    • Café → augmente la gastrine (++ acide)
    • Alcool → diminue la gastrine (– acide)
    • Aliments ultra-transformés, excès de sucre, repas trop rapides : digestion altérée.
  • Le stress : facteur majeur et souvent sous-estimé.
  • Repas trop riche le soir et souvent trop tard

Le stress : un acteur central du déséquilibre digestif

Deux axes principaux gouvernent notre réaction au stress :

  • Face à l’ours : fuir ou attaquer.
    Ce mode de survie active le système nerveux sympathique.
  • En cas de sympathique en excès, le parasympathique (responsable de la digestion, du repos et de la régénération) s’atténue ou se met en veille.

Aujourd’hui, nous n’avons plus d’ours à affronter, mais nous subissons un stress multifactoriel : travail, surcharge mentale, polluants, manque de sommeil, hyperstimulation numérique, anxiété chronique, etc.

Or, en situation de stress, la digestion, non essentielle à la survie immédiate, ralentit :

  • Diminution de la production d’HCl : baisse de la pepsine
  • Mauvaise excrétion des enzymes pancréatiques et des sels biliaires
  • Péristaltisme ralenti (transit plus lent)

Conséquences possibles d’une hypochlorhydrie

  • Fermentation gastrique, gaz, ballonnements
  • Reflux paradoxal
  • Carences en minéraux et vitamine B12
  • Altération de la barrière gastrique
  • Déséquilibre du microbiote intestinal (Dysbiose, SIBO possible)

Le rôle du microbiote dans l’équilibre gastrique

Le microbiote digestif régule la digestion et la santé gastrique :

  • En hyperchlorhydrie, l’excès d’acide irrite la muqueuse et perturbe la flore.
  • En hypochlorhydrie, l’acide insuffisant ne joue plus son rôle de barrière antimicrobienne, favorisant la prolifération bactérienne dans l’intestin grêle (SIBO).

→ Le soutien par probiotiques (Lactobacillus, Bifidobacterium, Bacillus) et prébiotiques (acides humiques, inuline, fibres fermentescibles) aide à restaurer un équilibre sain.

Le test du bicarbonate : un indicateur simple d’acidité gastrique

À jeun, boire un verre d’eau avec ½ cuillère à café de bicarbonate de soude.

  • Rot en moins d’1 min → acidité normale
  • Rot après >3 min → hypochlorhydrie probable
    Ce test ne remplace pas un avis médical, mais donne une indication utile.

Aides et solutions pour une scidité stomacale optimale

Une fois que l’on soupçonne une hypochlorhydrie comme cause sous-jacente des troubles digestifs, plusieurs approches naturelles peuvent aider à rétablir une fonction gastrique saine. Il est impératif de consulter un professionnel de santé (médecin, naturopathe) avant de débuter toute supplémentation, surtout avec la bétaïne HCL.

1. La Bétaïne HCl: le soutien direct

C’est le complément le plus direct et le plus puissant pour pallier un manque d’acide chlorhydrique.

· Comment ça marche ? La bétaïne HCL est une substance dérivée de la betterave qui, une fois ingérée, libère de l’acide chlorhydrique dans l’estomac. Elle active la production de pepsine, l’enzyme digestive principale de l’estomac qui a besoin d’un milieu acide pour fonctionner.

· Objectif : Restaurer un pH stomacal suffisamment acide pour une digestion efficace des protéines, une absorption optimale des minéraux et une barrière microbienne forte.

· Utilisation prudente : La supplémentation en Bétaïne HCL doit être débutée à dose très faible et augmentée progressivement, lors d’un repas riche en protéines. Elle est formellement contre-indiquée en cas d’ulcère gastrique actif, en cas de défaut de clapet ou d’hernie hiatale. Son utilisation doit être guidée par un professionnel.

2. Les enzymes digestives : décharger le travail de l’estomac

Lorsque l’estomac est paresseux, lui fournir des enzymes digestives exogènes peut considérablement soulager le processus.

-Bromélaïne (extraite de l’ananas) et Papaïne (extraite de la papaye) : 

Ce sont des enzymes protéolytiques, c’est-à-dire qu’elles aident à « cisailler » les longues chaînes de protéines en plus petits fragments. Elles agissent dans une large plage de pH et peuvent donc commencer leur travail dans l’estomac et le poursuivre dans l’intestin.

· Bénéfice : En amorçant la digestion des protéines, elles réduisent la charge de travail de l’estomac et les phénomènes de fermentation et de putréfaction liés à des protéines mal digérées.

3. Les Plantes Amères : stimuler la production naturelle d’enzymes digestives

Les amers sont une classe de remèdes traditionnels qui agissent selon le principe de « réflexe amer ».

· Plantes utilisées : Gentiane, Artichaut, Chardon-Marie, Angélique, Centaurée.

· Comment ça marche ? Le goût amer sur la langue envoie un signal nerveux au cerveau, qui stimule à son tour le nerf vague (système parasympathique). Ceci déclenche une cascade d’effets : augmentation de la production d’acide chlorhydrique, de bile, d’enzymes salivaires et pancréatiques. C’est une manière élégante de « rééduquer » le système digestif à fonctionner correctement.

· Utilisation : Sous forme d’extraits, de teinture-mère ou d’ampoules, à prendre 10-15 minutes avant les repas.

4. Les Cofacteurs Nutritifs Essentiels

La production d’acide chlorhydrique est un processus biochimique qui nécessite des « matériaux de construction ».

· Le Zinc : C’est le cofacteur minéral essentiel pour aider à la sécrétion d’acide dans l’estomac. Une carence en zinc est souvent liée à une hypochlorhydrie. On le trouve dans les fruits de mer, la viande rouge, les graines de courge.

· Les Vitamines du groupe B (notamment B1, B6 et B12) : Elles sont cruciales pour le métabolisme énergétique et le bon fonctionnement du système nerveux, y compris le nerf vague qui commande la digestion.

Stratégie Globale et Hygiène de Vie

Les compléments sont une aide précieuse, mais ils doivent s’inscrire dans une démarche plus large pour adresser la cause racine, souvent le stress :

1. Gestion du Stress

C’est la pierre angulaire. Pratiquer la cohérence cardiaque, la méditation, ou de simples respirations profondes avant les repas permet de basculer du mode sympathique (stress) au mode parasympathique (digestion).

2. Alimentation Consciente :

· Mastiquer longuement : C’est la première étape mécanique et enzymatique de la digestion, qui allège énormément le travail de l’estomac.

   · Manger dans le calme, assis, sans écran.

   · Éviter de boire de grandes quantités d’eau pendant le repas, ce qui peut diluer l’acidité gastrique.

3. Considération des Probiotiques : Certaines souches probiotiques peuvent aider à rééquilibrer le microbiote intestinal, souvent perturbé par une digestion incomplète.

En résumé, soutenir son acidité gastrique, c’est agir à plusieurs niveaux :

Il est crucial de sortir du réflexe « brûlure = trop d’acide ». En comprenant que le véritable problème est souvent un défaut d’acidité lié à un déséquilibre du système nerveux et du mode de vie, nous pouvons adopter une approche plus juste et plus efficace. Avant de chercher à supprimer l’acide, il convient d’évaluer la capacité de notre estomac à en produire suffisamment pour assurer une digestion optimale et fermer correctement le cardia.

-Fournir un soutien direct temporaire (Bétaïne HCL)

-Stimuler la production naturelle (amers)

-Faciliter le travail digestif (enzymes)

-S’assurer d’avoir tous les nutriments nécessaires (zinc, vitamines B)

-Le tout dans un cadre de vie qui favorise l’état de détente indispensable à une digestion réussie.

Précautions et conseils

En cas de gastrite sévère, d’ulcère ou de traitement médicamenteux, consulter un professionnel avant toute supplémentation.
Une approche progressive et personnalisée reste essentielle pour rétablir un équilibre durable.

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